EN
QUÊTE
DE
SENS

Voilà quatre mots qui résument à la perfection les aspirations d’une part grandissante des nouvelles générations. Elles ne recherchent pas forcément la sécurité de l’emploi, ne fantasment pas tant que ça sur la construction rapide d’une parfaite vie de famille, ne se focalisent pas sur les zéros de leur salaire. Pour être heureux, elles ont besoin de sens, d’un travail épanouissant, aligné sur leurs valeurs personnelles et avec un impact positif sur le monde. Nous vivons pourtant une époque où 91% des Français se sentent désengagés de leur travail (étude Gallup sur l’engagement des salariés). Cela signifie que la quasi-totalité des travailleurs d’aujourd’hui n’est pas en phase avec l’activité qui occupe la majeure partie de leur temps. C’est le signe d’un échec des organisations qui n’arrivent pas à fournir du sens à leurs employés, c’est aussi une tragédie individuelle pour l’ensemble de ces personnes qui vont travailler chaque matin avec un sentiment d’insatisfaction, de frustration.

Pourquoi parler d’entrepreneuriat ?

Nous pourrions nous concentrer sur la réinvention des organisations pour les aider à mieux répondre à cette quête de sens. Mais ce n’est pas le sujet de ce magazine. Nous avons fait le choix de parler d’entrepreneuriat. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’entrepreneuriat peut être considéré comme l’exact opposé du désengagement. Vous ne croiserez jamais d’entrepreneur désengagé, c’est complètement antinomique. Être entrepreneur, c’est être engagé ! C’est refuser les choix faciles et les compromis pour s’engager dans un projet en parfait alignement avec ses valeurs et aspirations. Nous pensons que nous avons tous à bénéficier de l’état d’esprit entrepreneurial. Il pourra aider un grand groupe à reconnecter ses employés avec leur quête d’un sens dans leur travail. Et il pourra surtout, à titre individuel, permettre aux employés de devenir entrepreneurs de leur vie. C’est pourquoi nous présentons une multiplicité de parcours d’entrepreneurs dont chacun pourra s’inspirer en trouvant celui qui lui correspond le mieux.

À la lecture de ce magazine, vous pourriez avoir l’impression que ce premier numéro fait le grand écart entre des entrepreneurs qui semblent aux antipodes l’un de l’autre. Voilà pourquoi nous vous proposons ce texte : pour expliciter la cohérence de nos choix et mettre en lumière le lien qui existe entre les différents entrepreneurs de ce corpus. Vous l’aurez deviné : ils sont tous animés par une quête de sens personnelle.

 

Entrepreneurs engagés

Vous ferez donc la rencontre d’entrepreneurs obstinément engagés qui consacrent leurs vies aux autres. C’est le cas de Joséphine Goube, CEO de Techfugees, avec sa volonté de mettre la technologie au service des réfugiés. Le sujet est également cher à Geoffrey Dorne, fondateur de Design & Humans qui veut rester résolument indépendant dans son agence pour choisir les projets qui lui tiennent à coeur. Du côté de l’accompagnement, MakeSense aide les entrepreneurs sociaux à résoudre leurs défis. C’est aussi l’émergence de nombreux projets tech qui favorisent l’inclusion des populations. C’est ce qui motive Frédéric Bardeau, Président de Simplon, à lancer des écoles de code à destination des publics éloignés de l’emploi. Mais l’inclusion peut aussi passer par un média : c’est le pari de Martin Besson avec Sans A_, média qui veut rendre visibles les invisibles (SDF, prostitués, réfugiés, bipolaires et schizophrènes…).

 

Entrepreneurs mieux alignés

Si de plus en plus d’entrepreneurs donnent une portée sociale à leur mission, il ne s’agit certainement pas de la seule manière de donner du sens à son parcours. Les motivations des entrepreneurs sont multiples et se résument souvent simplement à la recherche d’alignement entre leurs valeurs et aspirations personnelles avec le projet de l’entreprise. Sébastien Kopp, cofondateur de Veja, a trouvé cet alignement dans une marque de baskets où l’ensemble des décisions est presque un statement écologique. Les choix sont rarement économiques, mais toujours plus respectueux de l’environnement.

De son côté, si Jonathan Benhamou de People Doc est arrivé à l’entrepreneuriat par goût de la liberté, il est resté pour l’aventure humaine. Une motivation qu’on retrouve chez de nombreux entrepreneurs et notamment Elie Papiernik, le cofondateur de l’agence de design Cent Degrés , qui s’épanouit lorsqu’un groupe de collaborateurs ou de clients mettent en commun leur créativité dans une séance de travail. Pour de nombreux entrepreneurs, la construction de l’aventure entrepreneuriale est en elle-même un moteur : le fait de construire un projet de zéro est une sensation qu’ils recherchent encore et encore au travers de leurs entreprises. C’est le cas d’Alexandre Prot, CEO de Qonto, qui – dès sa précédente boîte revendue – est revenu à l’entrepreneuriat avec ce besoin de créer quelque chose de nouveau.

De la même manière, Sébastien Caron, le CEO de Mapstr, est tellement consumé par son projet entrepreneurial qu’il recommencerait la même chose de zéro s’il devait le faire. L’argent n’est pas un objectif pour ces entrepreneurs qui se lancent en suivant leurs passions plutôt qu’une étude de marché. C’est le cas de Nicolas Schmerkin, fondateur d’Autour de Minuit, qui s’est lancé dans un créneau réputé impossible : l’animation pour adultes, et sur un format qui semble voué à la ruine : le court-métrage. Il réussit pourtant à faire prospérer sa société de production avec passion. Au final, cette quête de sens est de plus en plus fréquente chez les dernières générations qui veulent trouver le parcours qui leur correspond et Clara Delétraz les aide à la réaliser avec Switch Collective.

 

Alignés en entreprise

Si, à la lecture de ce Terra Incognita, vous avez le sentiment qu’il faut impérativement quitter votre job et entreprendre pour réaliser votre quête de sens, alors nous aurons échoué. L’entrepreneuriat n’est pas pour tout le monde. Chacun doit trouver le parcours qui lui correspond le mieux. C’est le sujet que nous avons débroussaillé avec Hélène de Saint-Front de B-Harmonist, qui aide les entreprises à redonner du sens à leurs employés. C’est aussi la conviction de l’équipe d’OSCARh, société qui emmène des employés de grands groupes pour travailler en start-up et acquérir de nouvelles compétences à utiliser dans leur job. Il est donc possible de trouver du sens en grand groupe, et cela passe aussi parfois par l’adoption d’un état d’esprit entrepreneurial. Le meilleur exemple : l’intrapreneuriat, dont nous a parlé Marjorie Pouzadoux Bokobza, fondatrice de la communauté Les Intrapreneuses. Il ne vous reste maintenant plus qu’à découvrir le parcours de chacun de ces entrepreneurs pour vous aider à réaliser votre propre quête de sens, à trouver votre propre parcours.

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